Petits conseils, petits envahissements.
Dans la droite lignée des « nan mais tu fais ce que tu veux ».
Avoir un bébé, c’est un excellent plan drague pour papa quand il promène la louloute et que maman fait la queue pour avoir une glace, par exemple. C’est aussi un excellent agent liant, un moyen extrème de se faire des amis parmi les enfants… et leurs parents. C’est aussi l’exposition certaine et inévitable à tous les conseils, avis éclairés, suggestions et autres propositions de la part de tous les ceusses qui en ont eu avant. Parents, grands-parents, oncles, tantes, amis, tout le monde s’y met.
Et c’est marrant, parce qu’en dehors de la grossesse et de la naissance puis de l’éducation, personne ne s’autorise à donner trop de conseils sur comment vivre sa vie ! Je veux dire, on m’a rarement donné spontanément quelque opinion que ce soit sur ma carrière, ma santé ou autre sujet personnel.
Du genre : « nan mais tu devrais pas être prof, tu vas en chier » ou alors « nan mais passe plutôt le capes de lettres modernes, ça te conviendrait mieux » ou encore « dis donc, tu devrais quand même consulter un médecin pour tes rhumes chroniques ». Les rares personnes qui se permettent ce genre de déclarations sont mon mari et mes parents ; les autres attendent que je soulève la question, et je les en remercie.
En revanche, à partir du moment où je suis « tombée » enceinte, ce fut fini. Outre mon mari et la famille proche, jene compte plus le nombre d’avis, de suggestions, d’incitations venant de partout et de n’importe où. « mange régulièrement mais pas trop » ; « mets de la crème pour éviter les vergetures » ; « attention à la rétention d’eau » ; « t’es sûre que tu veux pas faire le test des marqueurs sériques ? »……….
Et maintenant que Charlotte est née, wouhou c’est la fête du slip.
« Elle a pas froid, là ? » ; « Et là, elle a pas chaud ? » ; « Lui donne pas l’habitude de la bercer, elle sera capricieuse » ; « La coller trop souvent au sein, c’est pas bon » ; « t’es mal installée, là, change donc de place » ; « tu veux pas sortir de la pièce pour l’allaiter, tu seras mieux »… et j’en oublie une tétrachiée.
Ma question préférée, c’est « et tu la nourris ? » ; avec tout ma mauvaise foi, j’ai toujours très envie de répondre que nan, nan, je la laisse crever de faim, en feignant d’ignorer que dans ce cas « nourrir » signifie « allaiter ».
Comme je réponds par l’affirmative, forcément, on me félicite, je suis une bonne mère (même si j’entends penser certain(e)s que franchement, l’allaitement c’est trop la galère, je te comprends pas). Jusqu’à ce que je dise que je compte l’allaiter « le plus longtemps possible sans pour autant m’asservir complètement, comprendre parlà que j’arrêterai probablement en septembre ».
Deux réactions :
- « mais ça fait 4 mois et demi, ça ? C’est trop long ! » Hin-hin. L’OMS recommande 6 mois, hein. Et pis comme ça j’aurais bien bossé, et j’aurais protégé ma gosse contre infections, bronchiolites et autres joyeusetés. Nan mais oh.
- « mais ça fait 4 mois et demi, ça ? C’est trop court ! L’OMS recommande 6 mois, tu sais ? » Hin-hin. Les recommandations de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) concernent le monde entier (étonnant, non ?), ceci incluant les pays dans lesquelles l’accès à l’eau potable et donc aux biberons de lait artificiel n’est pas aussi facile qu’ici. Et pis en plus j’ai dit que j’arrêterai probablement en septembre, donc c’est pas sûr et certain. Nan mais oh.
En bref, je fais ce que je veux, mais ce serait bien que je suive tous les conseils qu’on me donne. Youpi.
Les copines qui sont enceintes ou qui veulent l’être : si je commence à faire de l’ingérence dans votre grossesse (et après), n’hésitez pas à me le faire savoir, violemment si nécessaire.
Passque je suis lucide : moi aussi, je serai chiante… à mon corps défendant, bien sûr.