OSS 117
Ou le retour du politiquement incorrect ?

Tout le monde, à moins d’avoir vécu dans une grotte à double vitrage ces dernières années, a au moins entendu parler d’OSS 117. Que ce soit le film ou la série de livres.
Mais siiiiiiii, l’espion français raciste, misogyne, incompétent, inculte, irresponsable et gaffeur. Le pendant de James Bond, quoi.
Celui à qui on demande naturellement d’aller pacifier le Moyen-Orient, c’est même la personne à laquelle tout chef d’état-major penserait en premier, évidemment.
Alors bon, ce ne sera pas déflorer le suspens que révéler son succès fracassant et tout à fait involontaire ; en effet, si Hubert Bonnisseur de la Bath s’acquitte de sa mission, ce sera à l’insu de son plein gré, et avec une bonne dose de chance.
En vrai, ce qui m’avait plu dans ce film, ça avait été non seulement de retrouver l’ambiance des James Bond – à peine détournée, mais aussi et surtout le ton particulièrement insolent du film.
Juste au moment où je me disais (à raison, vu la polémique qui avait été soulevée il y a peu) que Tintin au Congo ne pourrait plus être publié de nos jours, voilà qu’OSS 117 débarque, avec ses préjugés, ses relents colonialistes, bref, tout pour plaire.
Bon, évidemment, en plus il est drôle, il a grave la classe et il est beau, ce qui ne gâche rien.
A la sortie du film, et après l’avoir vu, je me suis demandée dans quelle mesure il serait accepté ; bin apparemment, vu les entrée et la suite qui se profile, plutôt très bien. Comme quoi les cris d’orfraie poussés par certains à l’esprit un poil trop communautariste ne parviennent pas aux oreilles de tous.
Ce qui montre aussi, encore une fois, que le public sait parfaitement faire la différence entre cinéma (donc fiction) et vie réelle. Faudra ptet un jour que certains médias arrêtent de prendre les gens pour des attardés.
J’imagine aussi que l’ennemi choisi est pour quelque chose dans cette affaire.
Les nazis. Les méchants par excellence, les salauds que rien ne défend, font des méchants universels, donc pas de stigmatisation, vu qu’eux-mêmes ne pratiquaient -presque- pas la discrimination : ils massacraient sans exigences particulières, il suffisait de ne pas être d’accord avec eux.
Si les années 50 se prêtent facilement à l’affrontement avec les nazis, histoire oblige, ils restent les ennemis idéaux : OSS 117 pourrait sans problème aller se battre sur Mars si on décidait de planter le décor dans le futur.
Et surtout, surtout, on peut se moquer d’eux sans craindre de réactions épidermiques. Pratique.
Bon, reste à savoir si le ton sera gardé ; parce que si Rio ne répond plus, faut espérer que ce ne soit pas parce que les sirènes du commerce ont fini par réduire au silence l’irrévérence et l’humour d’Hubert Bonnisseur de la Bath.
Sinon je boude, passque mon sous-titre ne voudrait plus rien dire, et j’aime pas parler pour ne rien dire.
Ou presque.