Mais enfin, Michel ?
Mais que se passe-t-il ?
Ok, c’est vrai, on se doutait un peu que tu étais légèrement réac sur les bords, mais quand même… On a dansé sur pas mal de tes chansons, beuglé sur beaucoup d’autres, et notre crise d’adolescence a pu trouver un exutoire salutaire dans tes textes engagés.
Je dois d’ailleurs avouer qu’en plus d’avoir vénéré Jean-Jacques Goldman pendant des années (que j’apprécie encore), j’écoutais avec plaisir les titres de Michel Sardou. Notez bien, je ne percevais certainement pas tout le sous-texte, ni ce qu’il fallait entendre entre les lignes.
Mais j’avais, et j’ai toujours, une tendresse particulière pour « Etre femme« , que je trouve drôle et bien vue. Plutôt toujours d’actualité d’ailleurs.
Tellement d’actualité que l’incompréhension me frappe de plein fouet (et ça fait mal) quand j’apprends que notre ami Michel en sort une nouvelle version.
Mais enfin, Michel ?
Qu’est ce qui t’as pris ?
Tu t’es laissé déborder par une grosse vague de machisme nostalgique ou quoi ? T’as pas réussi à réfréner tes ardeurs et ton côté vieille France a échappé à tout contrôle ?
Parce que la juxtaposition des deux versions laisse rêveur. Dans la première, tu sous-entendais que les femmes étaient tout aussi capables que les hommes, me trompé-je ? Tu parlais même de réussite, d’accession au « pouvoir suprême », bref, une femme des années 80 pouvait jouer au pti mec et gagner.
Que s’est-il donc passé en 2010 ? Insinuerais-tu que ok, c’est bon, nous les mecs, autorité supérieure, on vous a bien laissé profiter d’une liberté qu’on vous avait gentiment concédée, mais maintenant on arrête de jouer : ce que vous avez voulu, vous l’avez eu (je cite, presque), maintenant que vous vous rendez compte que vous pouvez ni tout faire ni être payée pour ce que vous voudriez faire, retournez voir papa votre mec d’il y a quelque temps, lui il saura vous prendre en main.
Ajoutons à cela qu’en 2010, on se doit d’être gaulée comme une déesse, bien maquillée, et bien habillée si d’aventure on ne pousse pas la chansonnette à poil, et tout ça est quand même pas mal chronophage, en plus du boulot pour lequel on s’est (inutilement) battues : du coup, on n’a plus le temps pour la télé (Amour, Gloire et Beauté, source d’épanouissement personnel à jamais perdue) ni même pour les magazines féminins dont on ne peut pas dépasser la couverture sans prendre un aspirine (quoi que sur ce coup, je suis pas loin d’être d’accord). J’ai bien envie de vérifier si Michel parle de faire des enfants dans cette chanson, mais l’entendre encore une fois me serait néfaste.
Je vous laisse juges :
Et je ne parle même pas de l’arrangement soi-disant musical. D’ailleurs, il ne vaut mieux pas, puisqu’il ne vaut pas mieux.
Cauchemar ultime : nouveau son, nouvelles paroles = squat intensif de cette bouse aux mariages. Moi qui adorais les mariages….