J’avais pourtant réussi…
… une grande déception s’abat sur moi.
En effet, j’avais pourtant si bien réussi à leur échapper. J’avais pris toutes les précautions d’usage : rester collée à mon mari, dormir sous un drap, en faire le moins possible pour ne pas transpirer, planter des géraniums… J’avais même procédé à un rituel de fumigation, pensant ainsi parer toutes leurs attaques grâce à une spirale verte et métaphysique (mais qu’est ce que je raconte, moi ?)
Eh bien non.
Ils m’ont eue.
Ces salauds ont commencé par la cuisse, pour redescendre sur le mollet assez vite. Malgré tout, la viande a dû leur sembler un peu grasse, et ils se sont rués comme un seul homme sur mes chevilles (que j’ai assez fines, sans vouloir avoir l’air de me vanter). Et apparemment, l’ascension était encore trop dure, ils se sont donc rabattus sur mes pieds.
Et là, ce qui n’était qu’un vague problème de moustiques (car c’était bien ça, oui, j’aime flatter l’ego de détective qui sommeille en mon lectorat) devient un réel attentat à la santé publique.
Représentez vous un pied constellé de boutons de moustiques, donc. Maintenant, représentez vous des températures estivales complètement déraisonnables. Enfin, une très jolie paire de spartiates, celles avec plein de brides sur le pied. Là, vous commencez à comprendre qu’il va y avoir un problème.
Bah ouais : boutons = port de la spartiate pas envisageable. Or : températures caniculaires = port de la spartiate obligatoire sous peine d’empoissonnement olfactif à quelques mètres à la ronde.
Me voilà donc cloitrée chez moi en attendant que ça passe pour sauver la vie le nez de pas mal de gens.
Non, ne me remerciez pas. Rester chez moi à regarder Desperate Housewives ne devrait pas être si pénible.