Donc, les expériences chelou sur Arthur.
Avec ce genre de titres, je devrais m’attirer une faune assez disparate.
Orsse donc moi, mon mari et ma meilleure coupine on a fait des expériences sur mon fils dernier-né en date. Au départ, ça devait être trop mignon et un souvenir qu’on chérirait toute notre vie, comme on dit dans le Petit Nicolas dont vous aurez reconnu l’illustration de ce billet.
Sauf qu’en fait ce fut la bérézina.
Comme tout parent atteint de gagatise aigüe qui se respecte, nous désirions garder un souvenir choupinou de ses petites mains et de ses petits pieds avant qu’ils virent planche à pain.
A cet effet, nous avions acheté des espèces de Mako moulages pour en avoir un exemplaire en relief plutôt qu’une empreinte dans du plâtre.
Pour les ceusses qui auraient grandi après l’époque bénie des Mako moulages, je me permets un bref rappel : c’était des espèces de capotes en caoutchouc rouge et en forme de différentes choses (personnages Disney, notamment, je me souviens avec émotion de cette pouffiasse de Jasmine qui était si difficile à démouler qu’elle perdait systématiquement la tête) dans lesquelles on versait du plâtre qu’on laissait sécher pour ensuite le démouler et le peindre. Ces magnifiques objets horreurs décoraient ensuite la cuisine en attendant leur destin tragique : la poubelle.
Eh bin là, le principe était le même, mais avec de plus nombreuses étapes vu qu’il fallait créer la capote en plastique.
(A ce stade de mon récit, je précise qu’il était annoncé sur la boîte : « pas de désordre, pas de risque de se tromper ».)
Première étape : mélanger une poudre à de l’eau pour obtenir une pâte du genre de celle qu’utilisent des orthodontistes pour prendre des empreintes de nos gencives. Souvenirs douloureux, bonjour. En plus ça pue la menthe.
Bref.
Donc on fait cette espèce de pâte et on est censé plonger la main, puis le pied (dans un deuxième mélange, sinon ya pas assez de place – car il faut avoir des saladiers de 25 litres pour prendre l’empreinte des pieds et mains d’un bébé de 9 mois, hein) dans cette mixture, attendre que ça prenne, retirer délicatement le bébé, verser le plâtre, attendre que ça sèche, démouler, admirer.
Ben voyons.
Première tentative : la pâte à peine mélangée, on chope Arthur, on tente d’immerger son petit pied… qui reste obstinément à la surface. Prise rapide, dis donc. Evidemment, ce n’est pas rattrapable, on ne peut pas remélanger le bazar. Bon, tant pis, on jette le magnifique moulage de saladier et on se dit qu’on ira plus vite pour plonger les mains du petitou.
Ben voyons.
On plonge les deux mains du bébé. Tenez-vous bien : un garçonnet de 9 mois ne reste pas immobile, contrairement à un ado sur une chaise d’orthodontiste. Voilà Arthur patouillant gaiement dans un magma rosâtre puant la menthe et qui n’a jamais voulu se solidifier autour de ses jolies mains. Jamais.
Après en avoir collé partout sur sa très belle chemise, la table de la cuisine, le sol, sa chaise haute, sa bouche, ses oreilles, le pantalon de sa mère, les cheveux de son père (enfin, le peu qu’il lui reste) et le mur derrière lui, Arthur a trouvé que tout ça durait bien trop longtemps et a commencé à…. hurler et se débattre, finissant ainsi de redécorer (et reparfumer) la cuisine.
Joie.
Moi je dis : les créateurs de ce truc infernal n’ont jamais testé ledit truc. Ou sur des poupées. Ou n’ont pas d’enfants. Ou n’en ont pas vu depuis longtemps.
Qui imaginerait une seconde qu’un bébé se laisserait faire sans broncher ? Oui parce que franchement, les mimines d’un babichou c’est plus mignon que les grandes paluches d’un ado suant et transpirant.
Ce fut donc un échec retentissant, et contrairement à Charlotte dont les mains sont représentées dans presque chaque pièce de la maison, Arthur n’a toujours pas laissé ses empreintes chez nous.
Ou alors si, mais de façon plus abstraite, sous forme de tâches rosâtres qui puent la menthe d’orthodontiste.
Pourquoi ne pas faire simplement un platre ou un ciment, et quand c’est presque pris, tu lui fait tremper les mains dedans? Peut-être qu’il y a une partie de ton billet qui stipule que tu voulais ça ou autre chose…
En plus, truc fun, tu n’es peut-être même pas obligée de lui demander, il verra un truc mou et mettra les mains dedans de lui même. D’ailleurs, tu aurais construit la maison avec lui à coté qu’il aurait mis ses empreintes partout dans la chape…
Ben en fait on a fini par faire ça : lui coller les mains dans le plâtre frais pour avoir de jolies empreintes. Ceci dit, même ça, ça l’a fait hurler sur le mode « mais arrêtez cette torture sans nom ! »…
L’idée était, avec ces pseudo-Mako moulages, d’avoir un souvenir en 3D des mains d’Arthur. Plantage.