De la spécialisation.
Bah ouais, ya des spécialistes.
Ya des gens qui sont hyper calés dans un domaine précis. Des musiciens, des médecins, des peintres (en bâtiment ou sur toile), des profs, des journalistes, des acteurs, des maquilleurs, des écrivains, des chanteurs, des boulangers, des animateurs télés, des historiens.
Autant de petites cases que de spécialités.
Je voue une grande admiration à ces personnes qui ont trouvé leur truc, qui se sentent à leur place, mais là n’est pas le sujet : parler de ceux que j’admire peut me rendre joyeuse ou me renvoyer à ma personne, et je ne m’admire pas des caisses. Enfin si, mais ça fait prétentieux de le dire, donc je le dis pas. Mais je m’aime bien, en fait.
Bref.
Je disais donc qu’il y a des spécialistes, ce qui est cool, parce que comme ça, on sait à qui s’adresser quand on a un besoin précis. Par exemple, si j’ai un malware implanté dans mon système et qu’il s’agit d’une cheval de Troie capable de forcer mon ordi à rebooter sans cesse (je n’ai rien compris de ce que je viens de taper – ça non plus c’est pas vrai, mais si je sais plus ou moins ce que ça veut dire, je n’ai aucune idée de la façon dont se règle ce problème), je sais qu’il faut que je me tourne vers mon Chéri², qui en plus d’être mon mari, se trouve être informaticien. C’est cool, hein ?
Ce qui l’est moins, c’est que les jolies petites cases deviennent de plus en plus floues. Attends, lecteur, je reviens sur ce que je viens d’écrire : les cases immuables, c’est pas la panacée, hein.
Non, ce que je déplore, c’est que maintenant, pas mal de gens sont spécialistes… de tout. Ou en tout cas, la transversalité chère au cœur de l’Éducation Nationale (id est, travailler en commun entre profs de disciplines différentes, comme si on le faisait pas déjà mais je m’égare – de Lyon – pardon.), se retrouve aussi en dehors de mon cher métier. Youpi.
C’est ainsi qu’un quidam sans formation peut devenir prof, si si, ou qu’on se substitue aux médecins sur les forums de Doctissimo. Les journalistes aussi se voient concurrencés par les blogueurs-zé-blogueuses, dont la légitimité vient plus de leur popularité que de leur formation.
Bien entendu, le vrai grand méchant, c’est internet : l’information (et la désinformation) circule très vite, il faut suivre, et il faut être informé, justement. Il faut être bon dans tout, partout, tout le temps, il faut avoir un but dans la vie, il faut être au taquet. Bien sûr, la compétition du « je sais (aussi bien – voire mieux)faire, laisse » existait avant internet, elle s’est juste accélérée. J’avais écrit un article sur pourquoi je tiens ce blog, et je suis contente de constater que dans ce monde très mouvant, bah ça n’a pas changé.
Je ne me considère ni comme une critique littéraire (heureusement, vu mon niveau universitaire en dissert….), ni comme une éditorialiste, ni comme une journaliste d’investigation, et je n’aurai jamais la prétention de me trouver d’autres compétences que celles que j’ai.
Car j’en ai, assez de fausse modestie ! Je suis prof, d’anglais, mère de famille, épouse et femme. Spa mal, quand même. (pas toujours dans cet ordre, mais bon.)
Alors merdum, les copains : assez de grandes surfaces, vive le petit commerce ! (wah la métaphore de tueuse, je dois pas être écrivain non plus, tiens.) Reconnaître que chacun a sa spécialité n’est pas nécessairement réducteur ; c’est même plutôt reconnaître les compétences. Quand je vois que des postes de profs sont à pourvoir sur Pôle Emploi, je me dis que « on » ne tient pas mon métier en grande estime.
Mais attention : savoir qu’on n’est pas spécialiste d’une chose n’empêche pas de vouloir l’apprendre. Au contraire.
Bon, allez, fin de l’article inutile du jour.